La réforme de l’assurance chômage, issue d’un accord trouvé entre partenaires sociaux, fixe de nouvelles règles d’indemnisation.
Ces dernières ont été validées par le Premier ministre, François Bayrou, selon un arrêté paru le 20 décembre 2024 au Journal officiel.
Ce texte, qui redéfinit les conditions d’accès et les modalités des allocations chômage, suscite des débats, notamment sur son impact potentiel en 2025.
Tandis que certains y voient une réforme nécessaire pour assurer la pérennité du système, d’autres, comme a pu le faire l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), mettent en garde contre un risque accru de précarité pour de nombreux Français et Françaises.
Comment cette réforme de l’assurance chômage impactera-t-elle les salariés en transition professionnelle ou en fin de contrat ? Quelles conséquences cette réforme pourrait-elle avoir sur les demandeurs d’emploi ?
Le MAG’CSE vous dit tout sur les changements à venir !
Sommaire
1 : Réforme de l’assurance chômage : ce qui change pour les indemnisations en 2025
1.1 : 5 à 6 jours d'indemnisation en moins avec la réforme de l’assurance chômage
1.2 : La réforme du chômage pour les frontaliers et primo-accédants : pas de changements ?
2 : Réforme de l’assurance chômage annoncée pour 2025 : derrière la simplification, une précarisation ?
2.1 : Certains créateurs d'entreprise pénalisés par la réforme
2.2 : Quels changements pour les seniors avec la réforme de l’assurance chômage ?
Réforme de l’assurance chômage : ce qui change pour les indemnisations en 2025
Les personnes actuellement inscrites comme demandeurs d’emploi ne seront pas concernées par ces ajustements. Les nouvelles règles s’appliquent uniquement aux demandeurs d’emploi ayant vu leur contrat se terminer à partir du 1er janvier 2025, ainsi qu’à ceux dont la procédure de licenciement débute à cette date.
5 à 6 jours d'indemnisation en moins avec la réforme de l’assurance chômage
La
réforme de l'assurance chômage, entrée
en vigueur en janvier 2025, modifie de manière significative le calcul des indemnités. L'une des
mesures clés concerne la mensualisation des
allocations chômage, qui entraîne une uniformisation
du calcul des indemnités sur une base de 30 jours par mois, quel que soit
le nombre de jours “réels” dans le mois (28, 29, 30 ou 31 jours).
Avec la réforme, chaque mois est désormais considéré comme ayant 30 jours. Cette simplification vise à réduire les variations d’un mois à l’autre, mais aussi de diminuer le montant total des allocations sur l’année.
Cette modification est présentée comme une mesure d’efficacité administrative, mais elle pourrait entraîner une baisse significative des allocations pour certains demandeurs d’emploi, surtout lors des mois comportant 31 jours.
Vous
l’aurez deviné, la mensualisation des
indemnités, introduite par la réforme, rend le paiement des indemnités plus régulier. Cependant, elle réduit également de manière globale les
montants versés, entraînant ainsi une perte
d’indemnisation de 5 à 6 jours par an pour la majorité des allocataires.
Bon à savoir :
Les salariés ayant un rythme de travail fractionné ou haché sont les plus touchés par la baisse de leur allocation chômage.
La réforme du chômage pour les frontaliers et primo-accédants : pas de changements ?
Si la réforme de l’assurance chômage a
apporté plusieurs changements importants
pour 2025, pour certains groupes, tels que les frontaliers et les primo-accédants,
il n'y a pas de réelles modifications
à attendre.
Concernant les frontaliers, c'est-à-dire les salariés vivant en France mais travaillant dans un autre pays, la réforme ne touche pas leurs droits à l’indemnisation.
En effet, une mesure qui aurait pu réduire leurs allocations en fonction des salaires plus élevés qu’ils perçoivent à l’étranger a été abandonnée.
Cette mesure avait pour but de réduire les dépenses liées aux indemnités chômage, mais pour des raisons juridiques, elle a été retirée de la réforme.
Par conséquent, les frontaliers continueront à percevoir leurs allocations chômage selon les règles actuelles, sans changement à attendre en 2025.
Pour les primo-accédants, c'est-à-dire les personnes qui s'inscrivent à France Travail (anciennement Pôle emploi) pour la première fois, la réforme avait proposé de réduire le nombre de mois de travail nécessaires pour bénéficier des allocations chômage.
Bon à savoir :
Initialement, il était prévu qu'ils n'aient besoin que de 5 mois de travail au lieu des 6 mois actuels pour ouvrir leurs droits. Cependant, cette proposition n’a pas été retenue dans l’accord final.
En conséquence, les primo-accédants devront toujours justifier de 6 mois de travail dans les 24 derniers mois pour ouvrir leurs droits à l'assurance chômage.
Réforme de l’assurance chômage annoncée pour 2025 : derrière la simplification, une précarisation ?
Réforme de l’assurance chômage annoncée pour 2025 : derrière la simplification, une précarisation ?
Les réformes de l’assurance chômage apportent
des changements significatifs qui risquent d’avoir des impacts particulièrement
marqués sur certaines catégories de personnes, telles que les seniors et
certains créateurs d’entreprise.
Certains créateurs d'entreprise pénalisés par la réforme
La réforme de l’assurance chômage modifie
aussi les règles concernant les créateurs
et repreneurs d’entreprise.
Actuellement, certains travailleurs qui
créent ou reprennent une entreprise peuvent continuer à toucher des allocations chômage, même s’ils
démarrent une nouvelle activité professionnelle.
Bon à savoir :
Cette mesure visait à soutenir les entrepreneurs en début de projet, en leur offrant une certaine sécurité financière.
La réforme cherche à limiter les “effets d’aubaine”. Concrètement, il s’agit d’éviter que des demandeurs d’emploi qui reprennent un CDI ou se lancent dans une activité stable continuent à percevoir des allocations chômage alors qu’ils ont retrouvé une rémunération régulière.
Cette modification pourrait pénaliser certains créateurs d’entreprise, en réduisant leur accès aux allocations pendant qu’ils se consacrent à leur projet entrepreneurial.
La réforme vise à garantir que ces aides ne profitent pas à des personnes qui n’en ont plus réellement besoin, mais cela pourrait rendre les démarches de création ou de reprise d’entreprise plus risquées financièrement. Pour certains, la perte de ces allocations pourrait décourager l’initiative entrepreneuriale, car cela introduit un risque financier supplémentaire pour ceux qui n’ont pas encore sécurisé la rentabilité de leur entreprise.
Quels changements pour les seniors avec la réforme de l’assurance chômage ?
La réforme de l’assurance chômage apporte également des modifications importantes pour les seniors, avec des conséquences qui risquent de les rendre plus vulnérables sur le marché de l’emploi.
La durée d’indemnisation des seniors est réduite.
Jusqu’à présent, les personnes âgées de 53 à 54 ans pouvaient bénéficier de 22,5 mois d’allocations. À partir de 2025, cette durée sera réduite à 18 mois, soit une réduction de près de 5 mois pour ces travailleurs.
Bon à savoir :
Cette mesure risque de créer une pression supplémentaire sur les seniors en recherche d’emploi, en réduisant la sécurité financière dont ils bénéficiaient.
En ce qui concerne les seniors de 55 ans et plus, la durée d’indemnisation de 27 mois était accessible dès 55 ans. Désormais, il faudra attendre d’avoir 57 ans pour bénéficier de cette durée prolongée.
Ce changement repousse donc l’accès à des allocations plus longues, risquant de compliquer davantage la situation des seniors qui peinent à retrouver un emploi.
Un autre changement important concerne la dégressivité des allocations. Actuellement, les allocations des travailleurs ayant un salaire élevé diminuent au bout de 6 mois. Cependant, cette dégressivité débute désormais à 55 ans, contre 57 ans auparavant. Cela signifie que les seniors ayant perçu un salaire de plus de 4500 euros lors de leur inscription verront leurs indemnités diminuer plus tôt.
Enfin, la réforme prévoit un report de l’âge de maintien des allocations jusqu’à la retraite. Actuellement, il est possible de maintenir ses allocations chômage jusqu’à la retraite à 65 ans. Mais ce seuil sera progressivement repoussé jusqu’à 64 ans en 2030, en lien avec le report de l’âge légal de départ à la retraite.
Pour de nombreux seniors, cette mesure peut représenter une période supplémentaire d'incertitude financière avant de pouvoir prendre leur retraite.
En résumé, les seniors sont particulièrement touchés par cette réforme, qui limite leurs droits à l’indemnisation et augmente la précarité financière pour ceux qui peinent à retrouver un emploi.
À retenir
Les nouvelles règles de l’assurance chômage s’appliquent à partir du 1er janvier 2025. Elles entraînent une réduction de 5 à 6 jours d’indemnisation par an, due à la mensualisation des allocations sur 30 jours, affectant particulièrement les mois de 31 jours.
Les frontaliers et primo-accédants ne voient pas leurs droits modifiés, les premiers continuant à percevoir leurs allocations comme avant, et les seconds devant toujours justifier de 6 mois de travail pour ouvrir leurs droits.
Les seniors seront particulièrement touchés par une réduction de la durée d’indemnisation, et la dégressivité des allocations commencera plus tôt, à 55 ans.
La réforme de l’assurance chômage limite également l’accès aux allocations chômage pour certains créateurs d’entreprise. Ces ajustements pourraient accentuer la précarité financière, notamment pour les seniors et les travailleurs ayant des carrières plus hachées.
Reste à voir comment cette nouvelle réforme de l’assurance chômage impactera réellement les demandeurs d’emploi et leurs conditions de vie dans les mois et années à venir.
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