Vous vous demandez comment devenir un acteur clé de la sécurité ? Comment obtenir le certificat SST et quelles sont les conditions de sa validité ?

Si vous êtes élu CSE ou salarié et que vous souhaitez en savoir plus sur cette formation, cet article vous guide à travers les étapes essentielles pour devenir SST, les obligations légales liées à cette mission et l'impact concret de votre engagement sur la sécurité au travail.

Quel est le rôle d’un sauveteur secouriste au travail et pourquoi est-il indispensable dans la prévention des risques ? Qui paye la formation SST ?

Comme toujours, on vous dit tout !


Qu’est-ce qu’un sauveteur secouriste au travail ?

 

Être sauveteur secouriste au travail, c’est garantir une prise en charge rapide et adaptée en cas d’accident, tout en contribuant à la prévention des risques.
 

Sauveteur secouriste au travail - définition et missions

Le sauveteur secouriste du travail (SST) est un salarié formé à la prévention des risques professionnels et à l'assistance de personnes en cas d'accident, dans le cadre de son environnement de travail.

Son rôle est crucial pour assurer la sécurité de l’ensemble des salariés. Grâce à sa formation, il intervient rapidement pour limiter l'aggravation des blessures, éviter des conséquences graves, voire même sauver des vies.

Vous l’aurez compris, la présence d’un ou plusieurs SST au sein de l’entreprise est une mesure essentielle pour garantir la protection des équipes.

Selon le Code du travail, certaines entreprises sont tenues d'avoir des salariés SST en fonction de leur taille, du secteur d'activité et des risques professionnels présents. Le sauveteur secouriste joue ainsi un rôle majeur dans la réduction du nombre d'accidents de travail et dans la gestion des situations d'urgence.

 

Voici un tableau récapitulatif des missions principales d'un Sauveteur Secouriste du Travail (SST) :

Missions

Description

Prévention des risques

Le SST participe à la prévention des accidents en identifiant les dangers sur le lieu de travail et en proposant des actions pour réduire les risques

Intervention en cas d'accident

En cas d'accident, il intervient rapidement pour porter secours à la victime, réalise des gestes de premiers secours et alerte les secours professionnels (pompiers, SAMU)

Assistance psychologique

Le SST apporte un soutien moral et psychologique à la victime ou aux témoins de l'accident en attendant l'arrivée des secours spécialisés

Formation et sensibilisation

Il participe à la sensibilisation des collègues aux gestes de premiers secours et peut organiser des sessions de formation pour enseigner les bonnes pratiques de sécurité




Les obligations de l’entreprise en matière de SST : que dit le Code du travail ?


Comme chaque membre du CSE le sait bien, l'employeur doit “
veiller  à la santé et à la sécurité des travailleurs en mettant en place des actions de prévention, d'information et de formation ”.

D’après le Code du travail, la formation Sauveteur Secouriste du Travail fait justement partie de ses obligations.

Le Code du travail (Article R4224-15) impose aux entreprises de former des sauveteurs secouristes du travail pour garantir la sécurité des employés dans les deux cas de figure suivants :

     dans chaque atelier où sont effectués des travaux dangereux ;

     dans chaque chantier occupant 20 personnes au moins pendant plus de 15 jours où sont effectués des travaux dangereux.

 

Bon à savoir :

Il est vivement conseillé à chaque entreprise d'avoir au moins un salarié SST sur chaque site de travail. L'INRS[1] préconise que 10 à 15 % des salariés soient formés en SST.

Être à la fois élu du CSE et salarié secouriste permet d’agir d’allier prévention et action concrète.

En plus de pouvoir intervenir rapidement en cas d'accident, vous pouvez influencer la politique de prévention des risques et sensibiliser concrètement vos collègues grâce à votre double expertise.

Cette combinaison permet de rendre la sécurité plus visible et plus accessible au sein de l’entreprise.


Comment se former pour devenir sauveteur secouriste au travail ?

Envie de garantir la sécurité de vos collègues ? Voici les étapes pour devenir sauveteur·euse secouriste au travail.


Formation sauveteur secouriste au travail : étapes, prix et déroulement

 Devenir sauveteur secouriste au travail est un processus relativement simple et accessible.

 

Voici les différentes étapes à suivre :

  1. Prise de contact avec un organisme de prévention
    Le salarié·e intéressé·e par cette mission doit d’abord se rapprocher d’un organisme de prévention habilité (tel que la Croix-Rouge ou un autre centre de formation). L’organisme fournit les informations nécessaires sur les prochaines sessions disponibles.
  1. Accès sans prérequis
    La formation SST est ouverte à toutes et tous, sans condition préalable, ce qui la rend accessible même sans expérience en secourisme.
  2. Durée et contenu de la formation initiale
    La formation SST s’étale sur deux jours, pour une durée totale qui est généralement de 14 heures. Les participants y apprennent à :
  • Évaluer une situation d’urgence.
  • Réaliser les gestes de premiers secours.
  • Mettre en place des actions de prévention des risques professionnels au sein de l’entreprise

  1. Obtention et validité du certificat SST
    À la fin de la formation, chaque participant·e reçoit un certificat Sauveteur Secouriste du Travail attestant de ses compétences. Ce certificat est valable pendant 24 mois.

Le prix d’une formation Sauveteur Secouriste du Travail varie entre 150€ et 400€ par personne.

C’est généralement l’employeur qui prend en charge le coût de la formation SST, ceci dans le cadre de son obligation légale d’assurer la sécurité de ses employés. La formation peut aussi être financée par l’Organisme Paritaire Collecteur Agréé (OPCA) auquel l’entreprise est rattachée.

La formation SST ne doit pas être confondue avec la formation SSCT (Santé, Sécurité et Conditions de Travail) qui est l’une des formations CSE obligatoires pour tous les membres du comité.



Le recyclage et la mise à jour des compétences du sauveteur secouriste au travail

Pour garantir que les compétences du sauveteur secouriste au travail restent à jour et qu'il ou elle puisse continuer d’intervenir efficacement en cas d'urgence, la formation initiale doit être suivie d'un recyclage régulier.

Ce processus est essentiel afin de maintenir la validité du certificat et d'assurer la sécurité des salariés.

Avant l’expiration du certificat SST, qui est valable pendant deux ans, il est impératif de suivre une session de formation visant à actualiser les compétences, appelée MAC SST. L’acronyme MAC SST signifie : “Maintien et Actualisation des Compétences." Cette mise à jour permet de réviser les gestes de premiers secours et d’apprendre les nouvelles techniques ou recommandations en matière de secourisme. La session de recyclage dure environ 7 heures.

En suivant ce recyclage, les sauveteurs secouristes maintiennent leur niveau de réactivité et de compétence, ce qui est crucial pour intervenir efficacement lors d’une situation d’urgence. La mise à jour régulière des compétences assure également la conformité avec les obligations légales qui peuvent évoluer en matière de sécurité au travail.

 

Comment le CSE peut-il mobiliser les salariés autour de la formation SST ?


Sensibilisation et mobilisation autour de la formation Sauveteur Secouriste du Travail

La première étape pour promouvoir efficacement la formation Sauveteur Secouriste du Travail (SST) est de créer un véritable intérêt autour de ce sujet. Cela commence par l'implication active des salariés et de l’employeur.

Cela commence par exemple par inscrire le sujet de la formation SST à l'ordre du jour d'une réunion CSE. Cela permettra de présenter les avantages de cette formation à l'ensemble des élus et de l'employeur, tout en discutant des modalités pratiques (budget, prise en charge, organisation, etc.). Cette discussion permet de faire de la SST un sujet pour tous.

Une fois le sujet inscrit à l’ordre du jour, il est essentiel de sensibiliser les salariés aux bénéfices de cette formation. Organisez une campagne de communication interne, en affichant des informations dans les lieux de passage, en envoyant des emails explicatifs ou en mettant en place des réunions d’information pour expliquer en quoi le rôle de salarié secouriste du travail peut être crucial pour la sécurité de toutes et tous.

 


Mise en œuvre de la formation SST et valorisation des actions

Une fois la formation SST promue au sein de l’entreprise, les membres du CSE peuvent encourager l’engagement des salariés et valoriser les résultats obtenus par les salariés sauveteurs secouristes du travail.

Pour encourager la participation, il est important d’organiser des événements de sensibilisation. Par exemple, vous pouvez profiter de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail ou d'autres occasions internes pour organiser des ateliers pratiques animés par un formateur SST.

Ces événements démontrent de manière concrète l'importance des gestes de premiers secours et donnent souvent envie à quelques salariés de suivre la formation !

Enfin, pour encourager d’autres personnes à participer et valoriser l’action du CSE, il est important de communiquer sur les réussites.

Après les sessions de formation SST ou MAC SST, organisez une autre action de communication interne pour, cette fois-ci, partager les résultats obtenus ; Vous pouvez par exemple mentionner le nombre de salariés formés ou des témoignages de ceux qui ont suivi la formation ou pu utiliser les gestes de secours. Afficher les certificats des salariés formés dans les lieux de passage de l’entreprise renforce également l'engagement autour du sujet, et encourage de potentielles nouvelles inscriptions.

 

[1]  INRS : Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles

À retenir

 

La réforme des retraites de 2023 relève l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans pour obtenir une pension maximale, sous réserve d'avoir travaillé la durée minimale obligatoire, ce qui soulève des questions liées à l'usure professionnelle croissante des salariés.

Les changements induits par cette réforme révèlent également les difficultés rencontrées par les seniors, notamment en matière de santé, d’employabilité et de conditions de travail. La réforme des retraites pénalise davantage les femmes que les hommes.

Dans ce contexte, les membres du CSE ont un rôle crucial à jouer pour soutenir les salarié·e·s concernés. Le rôle des élus consiste à limiter au maximum l’usure professionnelle grâce à des mesures préventives adaptées et à accompagner les salariés dans la transition induite par la réforme des retraites, tout en veillant à préserver leurs droits et leur santé.

Fin décembre 2024, la ministre du Travail Astrid Panosyan-Bouvet a annoncé qu’elle comptait apporter d’autres éléments concernant l’usure professionnelle et les petites pensions féminines. Deux sujets qui concernent de près les membres du CSE, et pour lesquels nous ne manquerons pas de vous tenir informé·es  !

Bien que le Premier ministre François Bayrou ait fait part de son refus de suspendre ou de geler cette réforme des retraites, il a tout de même proposé une concertation de neuf mois avec les partenaires sociaux. 

Si aucun accord n'est atteint à l'issue de cette discussion, la réforme de 2023 restera en vigueur telle quelle.

Il semblerait que les partenaires sociaux attendent, quant à eux, un vote sur une réforme qui n’a jamais été votée.

 
CES ARTICLES PEUVENT VOUS INTÉRESSER